Des réflexions, des billets d'humeur, des photographies, deux chats, des fumbles, des aventures de jeux de rôle, la vie d'un enseignant... comment ça, ça ne va pas ensemble?
Lundi matin. On approche de la mi-août et le ciel est gris et pluvieux. Les températures ressemblent à celles d'un mois d'octobre. L'été fut pourri comme pas possible. J'espérais du soleil pour pouvoir faire le plein de vitamines et de lumière, c'est mal barré. Du coup, l'année scolaire va recommencer, il va faire de plus en plus pourri et il n'y aura pas eu de lumière et de chaleur pour le moral. Ô joie.
La question que je me pose depuis hier est : 'que retirer de cette histoire'?
Avant toute chose, un léger sentiment de tristesse. Cette petite boule de poil a tout de même partagé huit jours de notre existence. Je mentirais en disant que je ne m'y étais pas un peu attaché. C'était une présence de plus chez nous, elle mettait un peu de désordre dans la routine. Et vous l'avez bien vu, elle était adorable comme pas possible. C'était vraiment un chiot magnifique avec un très bon tempérament. Je pense qu'une fois adulte et bien éduquée, elle fera un splendide chien.
Il y a aussi la tristesse de l'avoir laissé partir. Il y a un arrière-goût d'échec. Le mot est peut-être fort, mais cela m'a fait un peu de mal de la voir partir avec une autre famille. Pourtant, elle semblait contente, a très vite joué avec eux et les a suivi de bon coeur. Je sais que cette semaine avec nous n'aura aucune conséquence sur elle vu qu'en plus on l'a très bien traité et on a fait tout ce qu'il faut pour qu'elle commence bien sa vie de chien. Je garde une petite place pour elle dans mon coeur, j'espère qu'elle en garde une petite pour Poochie et moi.
A côté de cela, il y a du soulagement. Je n'ai plus à devoir surveiller constammenet le chien et les chats. Je n'ai plus à avoir peur qu'en jouant, elle morde un des chats et risque de lui faire mal. Les chats sont à nouveau chez eux et les seuls maîtres à bord. Il leur faudra deux ou trois jours pour qu'ils comprennent que le chien ne risque pas de revenir et reprennent leur vie là où ils l'ont laissé. Je ne me tracasse absolument pas pour eux. Mystra s'est d'ailleurs déjà un peu accaparé la cage de Kaori!
D'ici quelques semaines, ma routine changera et je partagerai ma semaine entre les cours dans mon école et ceux à l'université. Ce sera une adaptation qui devra s'opérer et qui demandera un peu de temps pour que je trouve mon rythme. Je suis content que cela puisse à nouveau se faire sans que j'aie à me préoccuper du chien. Je pourrai me concentrer sur cette nouvelle expérience sans que ce soit au détriment du chien et de son bien-être.
J'ai des regrets, mais je ne sais pas si c'est le regret d'avoir laissé partir le chien ou de l'avoir adopté. Cela me rend triste de l'avoir laissé partir, comme je l'ai expliqué plus haut. Mais je sais pertinemment qu'elle est dans une nouvelle maison où elle sera heureuse. Je pense que je regrette de m'être lancé dans tout cela. J'aurais du faire attention à cette petite voix au fond de moi, ce léger noeud au ventre qui me disait de ne pas le faire, de me contenter pour le moment de quelques photos et c'est tout. Durant tout le processus (visite du chien, payement de l'accompte et payement final, jours d'attente précédants son arrivée, etc.), j'étais stressé. C'est ce même stress qui a augmenté au fil des jours. Ce n'est pas l'angoisse de mal faire les choses. Je sais que j'ai fait tout ce qu'il fallait et que, si le chien était resté près de nous, elle aurait été bien éduquée. C'est un stress qui disait qu'il n'était pas encore temps de m'y embarquer, qu'il était encore un peu trop tôt.
J'ai cependant tiré certaines leçons de cette histoire et compris certaines choses sur moi, sur ma vie et mes désirs aussi. A force de vouloir toujours du changement et de la nouveauté dans ma vie, à force de vouloir bousculer la routine, je me lance parfois dans des projets irréfléchis alors qu'intérieurement je ne suis pas prêt. C'est ce qu'il s'est passé. Je me suis sans doute lancé un peu trop rapidement dans cette histoire sur un coup de folie (d'envie?) sans me demander s'il était vraiment temps. En y réfléchissant mieux, j'aurais compris qu'il valait vraiment mieux attendre qu'on achète notre maison pour qu'on ait plus de place, mais aussi que mon boulot se stabilise un minimum. Je serais prêt à tout chambouler pour un enfant sans me poser de questions et prêt à y aller à fond, mais pour un animal pas encore. Seulement voilà, je ne pense pas que j'aurai un jour d'enfant (à mon plus grand regret....) et j'ai peut-être tenté d'en trouver un via un chiot. Qui sait?
Finalement, on remet l'adoption d'un chien à plus tard. Cela ne signifie pas qu'on en aura jamais et que tout cela m'a déçu. Je sais maintenant que ce n'était pas encore le bon moment. Celui-ci arrivera peut-être dans deux ou trois ans, dans dix ans voire même dans vingt ans. Je ne sais pas. Tout comme je ne sais pas si on retentera l'expérience avec un akita ou une autre race. On verra en temps et en heure.
Pour l'heure, je garde un bon souvenir de Kaori. On a plusieurs photos, quelques vidéos, on a gardé son collier et un jouet, et un peu d'amour au fond de mon coeur. Kaori est une belle princesse qui est partie auprès de son prince. C'est un petit ange qui a partagé ma vie pendant une semaine et m'a fait comprendre plusieurs choses sur moi, mes envies, mes angoisses, mes désirs. Et surtout, elle m'a un peu fait comprendre la direction que je voulais donner à ma vie.
Rien que pour cela, je ne peux que lui dire merci et me souvenir d'elle.